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► A 1 P.M. le Victory passe à l’arrière du Bucentaure.

 

 

Les navires sont si près, que le bout bâbord de la grand vergue du trois ponts anglais, quand il roule touche l’extrémité de la corne de son adversaire. Les caronades de 68 livres chargées d’un boulet et d’un tonnelet rempli de 500 balles de mousquet tirent droit dans le château arrière du Bucentaure.

      

Le Prince de Joinville était alors aspirant sur le Bucentaure, il n'avait que 15 ans, et raconte dans ses mémoires.
« ... Chef de la hune d'artimon, j’ai vu le vaisseau de Nelson, le Victory, passer lentement à la poupe du Bucentaure, si près que la vergue de l'un accrocha le pavillon de l'autre, pendant que les cinquante pièces du vaisseau anglais, faisant feu l'une après l'autre dans l'arrière du vaisseau français balayaient les batteries de long en long et jetaient par terre quatre cents hommes de son équipage....» ( Le vaisseau désemparé se brisa dans la tempête qui suivit la bataille. Traversant à pied l'Espagne avec les quelques survivants du Bucentaure, le Prince regagna la France.)

 Les volées du trois ponts anglais démontent 20 canons et remplissent les batteries françaises  de morts et de blessés. Au même moment, le 80 canons français Neptune envoie sa bordée sur le Victory, et lui coupe ses bômes de focs et ses vergues de hunier. Le bossoir tribord est complètement arraché. D’autres tirs pénètrent dans l’avant du Victory à fleur d’eau, et endommagent le mat d’artimon et le beaupré.
Le Capitaine de pavillon de Nelson, Hardy, laissant le Bucentaure aux trois-ponts anglais Téméraire et Neptune qui arrivent, vire brutalement et se précipite sur le Redoutable du Capitaine Lucas.

 

 

Vers 1 h. 10 m. P.M., les deux navires laissent aller l’un sur l’autre. A peine le Victory  a-t’il abordé le Redoutable, que le bosco du pont supérieur fait décharger ses  caronades de 68 livres tribord, droit sur les ponts du Redoutable. Le Redoutable, de son coté, tire avec les canons du pont principal et utilise sa mousqueterie. Sur ses hune se trouvent des pierriers, qui chargés avec de la mitraille, ont un effet destructeur sur le gaillard d’avant du Victory. En peu de minutes, plusieurs officiers et 40 hommes, presque tous ceux qui se trouvent sur le pont supérieur sont tués ou blessés. Une caronade de 18 livres, installée sur la poupe, réussit à détruire la hune d’artimon du  Redoutable . C’est le corps à corps des deux vaisseaux, où la fusillade est maintenant, terrible. Sur le Victory le tir est si efficace que Nelson ordonne à ses hommes et à son infanterie de marine de descendre pour préserver leurs vies. Le Redoutable prend l'avantage. Il se prépare à l’abordage.

1h.25 P.M. une balle vient frapper Nelson qui s'effondre. On le relève, on l'emporte. Il n'a eu que le temps de murmurer :

 

" Ils y ont enfin réussi ! Je suis mort… "

 

La position du Victory et celles  des navires voisins au moment où Lord Nelson reçoit sa blessure sont représentées sur le schéma qui suit. 

 

►Le Téméraire qui suit le Victory ouvre alors le feu sur le Neptune et le Redoutable.