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| "Au jour, j'ai eu connaissance de la tour des Baleines restant à l'E. 1 /4 S.E. J'ai gouverné au S.E. Peu après, j'ai vu la tour de Chassiron restant au S.E. 1 /4 Sud, étant en dedans. Les vents ont passé au Sud, ce qui m'a forcé de courir plusieurs bordées pour gagner le mouillage de l'île d'Aix où j'ai laissé tomber l'ancré par 10 brasses, fond de vase. J'ai débarqué tout de suite pour me rendre à la Cour." |
De retour en France, l'Hermione est désarmée à Rochefort. Elle repart en juillet pour rejoindre l’escadre de Suffren aux Indes. La paix signée, le navire retourne à Rochefort en avril 1784.
La République a remplacé la Royauté. Le 31 mars 1793, l'Hermione appareille sous le commandement du capitaine de Vaisseau Pierre Martin.
Naufrage
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"Aujourd'hui vingt septembre
mille sept cent quatre vingt treize l'an 2ème de la République française une et
indivisible, la frégate l'Hermione commandée par le citoyen Martin Capitaine de
Vau est appareillé de Mindin dans la rivière de Nantes pour se rendre à Brest
avec un convoi d'après l'ordre qu'il en avait reçu du Ministre. Le 7 duduit mois
le vent étant au NE petit frais le pilote de la rivière quitta la frégate
lorsqu'il fût en dehors de la roche le Charpentier. Il la remis entre les mains
du citoyen Guillaume Guillemin pilote côtier de la frégate et provenant du
bâtiment le Phénix qui avait relevé l'Hermione à la station de Mindin. Le vent
était du NE variable au N.N-E., nous étions au plus près tribord amures sous le
petit hunier et le perroquet de fougue pour entretenir un convoi de 12 bâtiments
que je devais mettre devant Brest. A 6 heures du soir on fit un relèvement. Le
pilote côtier y assista et ce fut lui même qui donna le nom des pointes qu'on ne
connaissait pas. A 6 h.1/4 un grand bâtiment du convoi qui se trouvait derrière
la frégate vira de bord. Je demandais au pilote pourquoi ce bâtiment virait et
s'il y avait du danger à craindre sous le vent. il me répondit que non. Dix
bâtiments du convoi étaient de l'avant de la frégate. Lorsqu'on cria brisants
sous le vent le pilote assurait que ce n'était pas des brisants mais la force du
courant qui faisait cet effet...... A 8 heures du matin la mer se trouvant au
2/3 basse la frégate a donné de la bande dans un instant avec une vitesse
incroyable et dans ce mouvement rapide et s'est crevé totalement le coté de
tribord. J'ai continué à faire travailler à sauver tous les effets de
conséquence qui se trouvaient possible et de les faire transporter à bord du
chasse marée ou nous avons été prévenus que si les vents passaient à l'ouest
avec force il serait possible dans la position ou se trouvait la frégate qu'il
périrait beaucoup de monde. A la basse mer la frégate nous a paru totalement
crevée. L'équipage s'est décidé avoir de l'abandonner et a passé sur les
chasse-marées qu'on nous avoient envoyé du Croisic. J'ai abandonné le bâtiment à
10 heures du matin le dernier avec le maître d'équipage qui a donné trois coups
de sifflet pour s'assurer qu'il ne restait plus personne à bord. Je n'ai que le
meilleur témoignage à rendre de l'Etat Major et des principaux maîtres et de
tout l'équipage qui se sont tous portés avec le plus grand zèle la plus grande
activité à exécuter les ordres que j'ai donné jusqu'au moment ou nous avons
abandonné la frégate. En foi de quoi, nous avons clos et arrêté le procès verbal signé du nom de l'Etat-major et de ceux de l'équipage qui savaient écrire." |
Texte tiré du dossier rédigé par le Centre International de la Mer,
La Fayette et l'Hermione, Rochefort, 1992.
L’épave de l’Hermione a été retrouvée et est aujourd’hui visible au large du Croisic (fouilles archéologiques).
En l’honneur de l’Hermione, la ville de Rochefort a décidé de reconstruire à l’identique cette frégate. Elle devrait dans les prochaines années refaire le trajet qu’elle a fait ces années 1780-1782, sous le commandement de Mr de Latouche. (Rochefort)