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NAVAL HISTORY of GREAT BRITAIN - Vol I

1691

INTRODUCTION

20

 

Version française simplifiée

Pour les auteurs du Dictionnaire de la Marine publié à Amsterdam en 1739. 

__" Ce mot de frégate tire son origine de la Méditerranée, où l'on appelait frégates de longs bâtiments à voile et à rame, qui portaient couverte, et dont le bord, qui était beaucoup plus haut que celui des galères, avait des ouvertures, comme des sabords, pour passer les rames." 

La France ayant des cotes aussi bien en Méditerranée que sur l’Océan, cela explique l’apparition de tels bâtiments dans la Manche, portant le même nom, mais avec une taille et une coque suffisantes pour résister aux lames et aux tempête de la Mer du nord. 

Au milieu du XVI ème, la majorité des navires marchands sont appelé frégates. Plus tard, certains d’entre eux sont sans doute utilisés dans la marine de guerre. 

En 1658, nous retrouvons dans la liste des navires servant sous le commandement de Sir Francis Drake, la "frigat Elizabeth Fonnes,", de 80 tonneaux et 50 hommes, mais dont l’armement n’est pas indiqué. Les navires marchands étant destinés à transporter des cargaisons, il devait porter son artillerie en une seule batterie. Il n’y a pas de doute que ces navires étaient de meilleurs marcheurs que les vaisseaux de guerre ; les doubles batteries de canons et la hauteur des œuvres mortes les rendant plus aptes à  rester au port qu’à affronter le mauvais temps sur les océans. 

Vers la fin du XVI  ème siècle  Sir Robert Dudley,  Duc de  Northumberland travaille au dessin de sept classes de navires de guerre :  Galleon; Rambargo, Galizabra, Frigata, Gallerone, Galerata, et Passa-volante. Parmi eux, il y avait un navire de 160 pieds de long et de 24 de large, portant une batterie de canons sur un seul pont, à coté d’autres canons sur deux petits ponts, non reliés par un passavant, l’équivalent des gaillards avant et arrière. Ce sont les caractéristiques de la frégate moderne, et il donne le nom de "Frigata " à ce vaisseau. Il va par la suite en 1594, d’après ce dessin, construire un vaisseau à Southampton, ne jaugeant que 300 tonneaux, et portant 30 canons de petit calibre, avec lequel il fera un voyage jusqu’aux Indes. 

Toujours d’après les auteurs du Dictionnaire de la Marine

« Les Anglais sont les premiers qui aient appelé frégates, sur l'océan, les bâtiments longs, armés en guerre, qui ont le pont beaucoup plus bas que celui des galions et des navires. »

Si cette remarque fait référence sans contestation à des vaisseaux à un seul pont, on ne sait pas si ces "bâtiments armés en guerre," étaient des navires du Roi, où des vaisseaux marchands, dont le nom habituel était frégate, loués pour le service. 

La première liste des navires du Roi, la première où il est question de frégate, est celle établie en 1604. Elle parle simplement d'une frégate française, de 15 tons, ce navire devait donc être très petit. 

En 1633, on a deux vaisseaux appelés frégate : " Swann frigat." et "Nicodemus frigat," chacun de 60 tons, 10 hommes et 3 canons. Il est probable que ce n’étaient que des navires pour la plaisance pour Charles I. 

Fuller, dans les années 1660, écrit que les premiers dessins de frégates ont été réalisés d’après les frégates Dunkerquoises prises par le Duc de Buckingham, alors Amiral, et utilisées au service de sa Majesté sous les noms de "Providence" et "Expedition". Ces noms apparaissent en effet dans la liste de 1633. Les descriptions se contredisant ; on peut tout juste en dire que c’étaient probablement de petits navires de 20 à 30 canons sur un seul pont. 

Mr. Pepys nous dit que la première frégate construite en Angleterre fut le Constant-Warwick,  par Mr. Peter Pett en 1649 , d’après le modèle d’une frégate française qu’il avait vu sur la Tamise . Il jaugeait 380 à 400 tons, et portait 26 canons, 18 demi-couleuvrines légères ou canons courts de  9 livres sur le pont principal et 6 light sakers de 6 livres sur ce qu’on peut appeler un gaillard arrière, et deux minions sur ce qui pourrait être le pont des officiers.

Canons anglais du seizième siècle

Nom

Calibre
(pouces)

Longueur

Poids des canons
(livres)

poids du boulet
(livres)

 

Minion

3.5

6.5

1.050

5.2

 

Saker

3.65

7

1.400

6

 

Demi-coulevrine

4.0

11

3.400

8

 

Coulevrine

5.2

10

4.840

18

 

Demi canon

6.4

11

4.000

32

 

Le Constant-Warwick,  apparaît comme navire de sa Majesté, pour la première fois en 1652. Il porte alors 46 canons et l’incomparable voilier est devenu une limace. 

Les anglais ont en effet toujours surarmé leur vaisseaux, et en général quand un navire anglais était pris par les français, le nombre de canons était réduit d’un sixième. Le Pembroke, quand il fut pris par les français au début du XVIII ème, portait 60 canons. Quand il fut recapturé peu après, il n’en portait plus que 50. 

A la fin du XVII ème, la frégate est reléguée au cinquième et sixième rang, et comme le cinquième rang est réservé aux vaisseaux de moins de 50 canons, les classes de frégates se trouvent réduites à trois, 40 ; 30 et 20 canons.  

En 1670, les français ont cinq rangs avec pour chaque rang plusieurs classes.

Le premier rang porte 120 canons et jauge 1500 tons, ce qui est l’équivalent d’un vaisseau anglais de 1800 tons.

Pour remplacer le sixième rang ils ont une classe qu‘ils appellent de frégates légères. 

Le principal défaut du vaisseau anglais à la fin du XVIIème, et au début du XVIIIème est l’insuffisance de sa taille par rapport à son armement, ce qui fait que ses batteries basses ne peuvent pas être utilisées par mauvais temps, et qu’il est mauvais marcheur. Il est remarquable qu’en 1708, quand la flotte du Comte de Forbin qui essayait de débarquer en Ecosse, fut prise dans une tempête, les seuls navires qui se perdirent dans la tempête, étaient des navires pris au Anglais . 

Les constructions étrangères permettent de plus grands sabords, et plus d’espace entre les sabords, donc nécessairement une plus grande longueur et une plus grande largeur, donc une coque et un tonnage plus grands. Le navire est plus naviguant, et la batterie basse est plus haute au dessus de la mer. Pour ce qui est des dessins des carènes, les français surpassent les anglais, mais pour ce qui est de la manœuvre, l’avantage est du coté britannique. Ils ont aussi le mérite d’avoir introduit la forme incurvée de la poupe contre laquelle vient  frapper la mer, mais ils sont par contre les derniers à avoir abandonné, le rétrécissement immodéré de leur pont supérieur, et la position basse des cadènes qui en résulte. 

Les espagnols ont suivi la tendance française, et leur orgueil les a conduit à construire des vaisseaux encore plus grand que ceux des autres nations. Ils avaient une stabilité accrue, et une résistance supérieure aux coups des adversaires.

Un seul exemple suffira pour montrer la différence entre construction anglaise et espagnole. Les dimensions suivantes sont celles d’un navire espagnol et d’un anglais de même classe 

 

Longueur du pont supérieur.

Largeur

Creux.

Tonnage

Vaisseau

En pieds

En pieds .

En pieds

 

Princessa 70

165' 1"

49' 8"

22' 3"

1709

Bedford 70

150' 10½"

43 7½

17' 10"

1230

 

 Nous allons revenir aux classe de frégates qui suivent les trois de 1727. Deux nouvelles sont ajoutées en 1740, l’une de 44 canons et de 710 tons, avec 40 canons sur deux ponts avec du 18 livres et du  9 livres  au lieu du 12 et du 6 livres  et 4 de  6 livres sur le gaillard arrière, l’autre de 24 canons et de 440 tons avec deux 9 livres sur le premier pont, et 20 du même calibre sur le second, et deux de 3 livres sur le gaillard. En moins de neuf années, 38 frégates de la classe 44 sont construites avec pour certaines des dimensions supérieures.

En 1748 une classe de 28 canons est ajoutée jaugeant 585 tons et construite pour porter 24 canons de  9 livres, sur le pont principal, et quatre 3 livres sur les gaillards. Ce fut une réelle amélioration sur les 24 aussi bien que sur la vieille classe de 30. La clase 28 du fait de l’arrangement de ses canons se rapproche de l’idée de la frégate moderne. 

En 1757, furent ajoutées deux classes, une de 32 et de 36 canons. Un navire est commandé à Mr Robert Inwood de Rotherhithe, sur un dessin de Sir Thomas Slade mesurant 671 tons et portant 26 canons de 12 livres et 4 de six livres sur son gaillard, et deux  de 6 livres sur la plage avant. Le Southampton est lancé le 5 mai 1757. C’est la première frégate authentique construite pour porter ses canons en une seule batterie sur un seul pont, un gaillard arrière et une plage avant. Le Southampton fut un bon navire et un excellent marcheur pendant 56 ans. 

La frégate de 36 portait le même nombre de canons que la 32 sur son pont principal avec juste 4 canons  6 livres de plus sur le gaillard arrière, jaugeant environ 720 tons. La première lancé fur La Pallas en 1757.

N’oublions pas l’Alarm de la classe 32 qui fut le premier navire anglais à être recouvert de cuivre. Après de nombreuses expérimentations pour contrer les effets du cuivre et du fer, tous les navires de guerre anglais furent recouvert de cuivre.

 

En 1757 les anglais capturent un navire français le Bon Acquis de 946 tons, portant 8 canons de  18 livres sur le premier pont, 28 canons de  12 livres sur le second et deux 6 livres sur le gaillard total ; 38 canons.

En 1758, ils capturent la frégate de 36 canons et de 474 tons, la Melampe ; et en 1759 la frégate Danae de 36 canons et 941 tons montant 28 canons de 12 livres sur le pont principal, six 6 livres sur le gaillard et deux 6 livres sur la plage avant. Ils vont ensuite capturer 3 frégates de 32 armées comme le Soutahmpton. Il s’avère que les anglais ont pris du retard sur la frégate moderne. 

En 1756, le 50 canons trop faible pour affronter les navires admis dans la   ligne de bataille ennemi n’est plus considéré comme un vaisseau de ligne. Il est pourtant armé comme un vaisseau à deux ponts de 44, mais n’est pas considéré comme une frégate, et continue à s’appeler un 50. En 1744 certains des 44 canons finissent par être utilisés comme navires magasin, après qu’on ait retiré les canons de la batterie basse. Certains continuent à escorter les convois ; ils perdent leur appellation de frégates et deviennent les vieux deux ponts de 44. 

En 1780 la classe de 38 apparaît. Cinq frégates sont lancées avant 1782 d’environ 946 tons , L’Arethuse, la Latena, la Minerva, la Thetis et  la Phaeton. La Minerve devait porter 28 canons de  18 livres et sur les gaillards il y avait 10 canons de 6 livres, 8 carronades de 18 et 14 swivels ; et un  équipage de 270 hommes. On remplaça ensuite les six livres par des 9 livres  et l’équipage passa à 280. Les deux neuf livres de l’avant furent remplacés par du 12, et les swivels retirés, et remplacés par des carronades. 

En 1780 les vieilles 36 canons sont refondues et passent à 880 tons, et les canons passent de 12 à 18 livres  et de 6 à 9 livres.

Ce changement est adopté en même temps par les français L’Hébé et l’Aigle capturées en 1782 jauge 1063 tons et portent 28 canons de 18 livres pour la première et 1003 tons et 26 canons pour la deuxième avec des 8 livres sur les gaillards. 

En fait les 32 canons de 12 livres françaises construites depuis 1761 ont le même tonnage que les 38 de 18 livres anglaises. 

Il nous faut parler maintenant des plus petits navires qui ne sont pas dignes d’être classés. 

Entre 1757 et 1760 quatre navires furent capturés par les anglais, ils jaugeaient 312 tons et montaient de 14 à 18 canons sur un seul pont. Ils furent d’abord classé comme frégates, puis comme sloops, donnant la classe bien connue des sloops grées au carré. 

En 1775 une nouvelle classe d’environ 520 tons et portant 22 canons de  9 livres  avec  quatre canons de  3 livres qui furent échangés contre des 6 livres en 1780.

Vers 1735 une classe de frégate de 20 canons fut construite d’environ 430 tons et portant du 9 au lieu des 6 livres. Ce fut un progrès certain par rapport à la n° 9 de 1727, mais sans compter deux accroissement de tonnage à 498 en 1741 et 508 en 1745, aucune amélioration ne fut apportée à cette classe. La grande différence de taille et de puissance entre la 20 et la 28 , fut que ce fut la 20 prit le nom de post ship, c’est à dire la plus basse classe sur laquelle un post capitaine puisse être appointé. Ensuite la 24 fut elle aussi appelée post ship. 

Les français adoptèrent un classement similaire vers 1760

Ils appelèrent leurs frégates de moins de 24 canons corvettes

Lescallier indique, "A vingt canons, ou au dessous, ce ne sont plus des frégates : on les appelle corvettes, et leur calibre est ordinairement du 8 ou en dessous." Ailleurs il rajoute, " Corvette; espèce de bâtiment fait pour la guerre, de même forme a peu près, et portant le même gréement qu'une frégate, a la réserve qu'il est plus petit. Les corvettes ont de  six à vingt canons." Ensuite les français appliquèrent ce nom aux navires de 24 canons. Par la suite ils construisirent de grandes corvettes qui portaient leurs batterie sur un seul pont, mais avaient souvent que certains navires de même force, mais qui portaient des canons sur les gaillards. 

Le terme de post ship fut appliqué aux navires de 24 22 et 20 canons et ship sloop aux navires de 18 16 et 14 canons, et même moins. 

Pour les français il y avait deux classes de corvettes

Ils appelaient leurs bricks armés tout simplement bricks( bricks, brigantines ou avisos) 

Les anglais donnaient le nom de sloop à n’importe quel vaisseau du moment qu’il était commandé par un master ou un commander.

Par exemple un 74 dont l’armement est réduit si il est commandé par un master ou un commander sera inscrit comme sloop. 

Les français appelaient bricks de guerre les plus grands bricks ou avisos. Ils n’hésitaient pas à utiliser le terme de corvette normalement réservé à un navire à trois mats grée au carré  au brick de guerre anglais les plus petits.

Noud devrions donc désigner tous les bricks de guerre français sous le terme de brick corvette même un simple brick. 

La vrai frégate est un navire portant 24 canons sur un seul pont, mais si les passavants deviennent des bastingages et sont armés de canons, alors il faut parler de flush deux ponts. Le terme de flush ne peut être attribué à une frégate qui a un gaillard arrière et une plage avant. Le terme ne peut servir qu’aux navires qui n’ont véritablement qu’un seul pont comme les post ship ou les ship-sloop. 

L’expression un deux ou trois ponts ne rend pas compte du nombre réel de ponts portant des batteries, ni du nombre de canons sur ces ponts. et tant que le nombre, la nature et la puissance de ces canons n’est pas connue, il est difficile de se faire une idée véritable de la puissance de feu de ce navire. D’un autre coté, comme une longue pratique a fait que sur un même pont, l’on ne trouve que des canons de même calibre et que les canons les plus lourds se trouvent forcement sur le pont inférieur, le nombre de ponts donne immédiatement une idée de la force d’un vaisseau.